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Sur ce nouveau blog – Comment parler de science ?

Salut à tous,

Je suis étudiant en prépa scientifique en région parisienne. Je commence un blog cet été, et j’ai l’intention d’y publier des entrées sur les sciences, des sujets d’actualité ou de politique ou des réflexions sur la société ou la vie en général. Pourquoi pas, aussi, y publier quelques commentaires de lectures ou films. Je préfère rester anonyme. Cela dit, en commençant à réfléchir à certains sujets sur lesquels je projetais d’écrire, je me suis rendu compte que j’avais moins à dire que je ne le pensais et ce que j’ai écrit m’a semblé être une succession de banalités. Je ne sais donc pas si je vais pouvoir tenir ce blog longtemps – ni même si je vais vraiment le commencer – mais j’espère que je vais dépasser ce stade.

J’ai une autre interrogation concernant ce blog : j’aimerais parler de sciences, notamment de maths, parce que c’est un sujet qui m’intéresse et est en lien avec mon orientation scolaire, mais je ne sais pas vraiment sous quel angle le faire. Il est clair que, vu mon niveau de simple prépa, je ne pourrai pas faire de recherches avancées qui mériteraient d’être publiées sur internet. De plus, en dehors des cours, je n’ai pas de culture scientifique particulière, donc je ne pourrais pas non plus avoir de plus-value de ce côté-là. J’ai envisagé de faire de la vulgarisation sur des sujets que je connais. Cependant, vu mon niveau, je ne pourrais en faire que pour des personnes de niveau moins avancé que moi, donc jusqu’au lycée seulement et cela ne correspond pas forcément au lectorat (futur) de ce blog. Autrement, je pourrais me contenter de parler de la prépa, évoquer mes chapitres préférés, parler de mon ressenti, des méthodes de travail, ou dire aux futurs élèves de prépa à quoi s’attendre, en résumé ne pas aborder la science en profondeur mais rester au niveau méta. En tout cas, si l’un d’entre vous a une idée sur la façon dont je pourrais parler de science ou d’autres conseils ou suggestions, je suis tout à fait preneur.

Pette histoire n°1 : Une bande d’amis

Au collège, Clara Dewaere, Clémence Faurier, Guillaume Felsen, Jérémy Hautmont et David Eole se lient d’amitié

David s’intéresse à la politique et est chaque année élu délégué de classe. Tout le monde le croit destiné à un avenir d’homme politique, mais il compte s’orienter vers une prépa scientifique car il veut « passer par Polytechnique » pour entrer en politique. Clara et Clémence sont amies d’enfance et comptent toutes deux s’orienter vers une prépa scientifique. Guillaume, fils de deux médecins, veut faire des études de médecine. Sa maman est issue d’une famille de vignerons bordelais et ses parents possèdent une maison à Arcachon, dans laquelle la petite bande se retrouve parfois. Jérémy, fils de chercheurs en physique normaliens, veut aussi faire une prépa scientifique pour faire l’ENS et devenir chercheur à son tour. Il est passionné de mathématiques et de physique et a un sens de l’humour assez aiguisé.

En classe de première, Guillaume se prend de passion pour la politique, le débat d’idées et les jeux de pouvoir. Il se fait élire délégué de classe et vice-président du conseil de vie lycéenne et prépare le concours de Sciences Po. Clara reconsidère ses vœux d’orientation. Ne jugeant pas d’envie assez forte de devenir chercheuse ou ingénieure, elle renonce à la prépa scientifique et préfère s’orienter vers une prépa économique et commerciale, « pour continuer les maths sans abandonner l’histoire-géo » qu’elle affectionne.

Après la terminale, Guillaume entre à Sciences Po Paris puis entre à l’ENA dont il sort 2e , entre au Conseil d’Etat, entre dans les cercles du pouvoir et au Siècle, puis devient conseiller culturel puis directeur de cabinet adjoint d’un premier ministre socialiste, exerce un temps comme avocat en cabinet, avant de se présenter aux élections législatives, d’être élu député puis nommé ministre de la Culture. Quelques années plus tard, il devient ministre de l’économie, apprécié et charismatique.

Clara suit une prépa ECS au lycée Hoche puis entre à HEC, et s’oriente vers le conseil en stratégie, à Paris puis à Londres.

Clémence, David et Jérémy vont en prépa scientifique à Louis-le-Grand. Clémence et Jérémy sont en tête de classe. Si Jérémy a toujours été passionné par les sciences, Clémence y prend goût, fait des progrès spectaculaires et envisage, elle aussi, une carrière dans la recherche. David, s’il rencontre plus de difficultés que prévu au début, est néanmoins sensible à la beauté des maths et, surtout, de l’informatique théorique. Puis vient le temps des concours, et du grand oracle. Clémence et Jérémy sont admis à l’ENS Ulm, dans les dix premiers. David est admis à Télécom Paris. Clémence et Jérémy tombent amoureux à l’ENS et deviennent tous deux chercheurs en astrophysique. Ils exercent au CEA et à l’Université de Berkeley. David se prend de passion pour l’informatique à Télécom, bien qu’il ne fût pas particulièrement intéressé par la discipline auparavant. Il devient ensuite ingénieur en informatique, plus précisément architecte logiciel, dans une jeune entreprise innovante, ce qu’il décrit lui-même comme le « métier le plus heureux du monde ».

Petites histoires

De temps en temps, je vais peut-être publier sur ce blog quelques « petites histoires », c’est-à-dire des fictions que j’ai écrites, comme si ce devaient être des scénarios de films ou de séries (que certainement personne n’accepterait de produire). J’ai écrit certaines d’entre elles lorsque j’étais encore assez jeune, et je les trouve moi-même parfois immatures ou ridicules, donc il vaut mieux ne pas trop les prendre au sérieux.

Quelques réflexions sur le système scolaire

L’objet de cette entrée est de déterminer quelle est la visée, ou plutôt quelles sont les visées du système scolaire. En effet, je me suis souvent demandé quelle était le rôle du système scolaire, et je vais tenter de montrer en quoi des éléments du système scolaire démontrent que ce dernier n’a pas un but unique. On distinguera ici trois fonctions du système scolaire que je nomme fonction formatrice, fonction culturelle et fonction sélectrice.

Il apparaît tout d’abord que le système scolaire vise à former les élèves en leur donnant un socle de connaissances qu’ils seront amenés à utiliser dans le cadre de leur métier ou dans la vie quotidienne. C’est la fonction formatrice. Le but des filières ou enseignements de spécialité est de se rapprocher des enseignements dont l’élève aura besoin dans le cadre de son futur métier. On peut justifier l’existence d’un enseignement généraliste jusqu’à un certain point par la nécessité de découvrir différents domaines avant de faire un choix.

Cependant, cela ne suffit pas à expliquer qu’on enseigne aux élèves des connaissances théoriques pourtant peu utilisées dans le monde professionnel. En effet, le système scolaire a à mon sens deux autres fonctions. Le système scolaire a aussi pour but de donner aux élèves une culture générale pluridisciplinaire considérée comme nécessaire.  Cela correspond à la fonction culturelle. Cette culture générale a des vertus utilitaires. En effet, étudier les maths et les sciences peut permettre d’acquérir une démarche et un raisonnement scientifiques qui sont utiles dans les sciences humaines ou la vie en général, de même que les sciences (SVT, physique) permettent de connaître les lois de l’univers et de l’évolution, de ne pas croire les théories du complot, et qu’étudier l’histoire-géo permet de connaître le passé pour ne pas en reproduire les erreurs, d’être un citoyen éclairé etc. Cependant, l’idée qui sous-tend la perpétuation de l’enseignement de cette culture générale est celle qu’il est beau d’acquérir des connaissances sans but utilitaire, simplement pour la beauté d’une connaissance acquise pour elle-même, et peut-être aussi pour être au fait des avancées de la connaissance humaine et ainsi se sentir membre de la communauté humaine. Cette idée est notamment évoquée par Aristote, qui désigne par le terme d’« activités libérales » celles qui n’ont pas de but autre que la connaissance.

               Enfin, le système scolaire a une fonction classante. En effet, les enseignements dispensés dans l’enseignement scolaires s’adaptent en partie aux attentes de l’enseignement supérieur. Or, dans le supérieur, certaines matières sont étudiées bien plus que ce qu’exige le futur métier de la plupart des élèves. Cela s’explique en partie par la nécessaire culture générale, mais aussi par le fait que ces matières sont utilisées comme un outil de sélection. Ainsi, en classe prépa scientifique ou économique et commerciale, on étudie beaucoup les maths alors qu’un grand nombre d’élève qui devient commercial ou ingénieur-manager aura peu besoin de ces connaissances dans son métier (et aura certainement oublié le programme au bout de quelques années). On peut penser que si un grand nombre d’élèves oublie vite ce qu’il vient d’apprendre, c’est la preuve que le système scolaire ne remplit pas correctement son rôle, mais c’est en fait plus complexe : il ne remplit pas les fonctions formatrice et culturelle, mais remplit sa fonction classante. Les élèves ont bien été sélectionnés sur leurs capacités d’apprentissage et de compréhension à un instant donné, même s’ils les oublient après. Cela vaut aussi pour le concours de première année de médecine (PACES) : on peut arguer qu’il n’a aucun intérêt pédagogique, car les élèves apprennent par cœur un lot d’informations qu’ils oublient certainement très vite, et pourtant ce concours est maintenu pour l’instant parce qu’il fonctionne pour ce qui est de la fonction classante (il permet de trier les élèves sur leur capacité à apprendre un grand nombre d’informations en très peu de temps).

               Ainsi les notes ont-elles aussi un rôle multiple répondant au rôle multiple du système scolaire. En effet, face aux critiques contre les notes qui leur reprochent de trop stresser les élèves, on répond souvent que c’est un effet de bord, alors que la fonction véritable des notes est d’indiquer aux élèves quel est leur niveau et de leur permettre de savoir sur quels points il leur reste des progrès à faire. La note serait une simple indication, sans enjeu. Cependant, la note est aussi utilisée pour la sélection des dossiers dans le supérieur ainsi que dans le contrôle continu (notamment dans le cadre du nouveau bac). Ainsi, l’argument précédemment évoqué n’est pas totalement vrai : au-delà d’une indication, la note vise déjà à classer, et chaque contrôle peut être vu comme un mini-examen de sélection pour l’étape suivante du cursus. En considérant les évaluations, on peut donc voir le système scolaire, au choix comme ce qui vise à former les élèves en leur indiquant régulièrement quels points ils maîtrisent et sur lesquels ils ont des difficultés pour leur permettre de se former au mieux, ou comme une antichambre de l’enseignement supérieur, constituée d’épreuves de sélection récurrentes et dispensant des enseignements en vue de préparer ces épreuves.

               Pour conclure, il me semble que la difficulté à réformer le système scolaire provient partiellement de sa fonction trinitaire : former, cultiver, classer. Cependant, il faudrait approfondir un peu plus cette réflexion pour voir dans quelle mesure ces trois fonctions peuvent entrer en conflit, mais on peut déjà penser que pour remplir la fonction classante, il faut donner beaucoup de choses à faire en peu de temps pour voir qui réussit et qui ne réussit pas, tandis que pour former les élèves au mieux, il vaudrait mieux donner un nombre de choses à apprendre plus réaliste.

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